Improviser !

Ecrire, jouer et mettre en scène des histoires, spontanément…

Elvire Jouvet 40

October 9th, 2018 · No Comments

https://fr.wikipedia.org/wiki/Elvire_Jouvet_40

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Nietzsche, “c’est un bas niveau que celui de l’improvisation artistique au regard de l’idée choisie avec peine et sérieux pour une oeuvre”

April 20th, 2018 · No Comments

Croyance à l’inspiration. Les artistes ont quelque intérêt à ce qu’on croie à leurs intuitions subites, à leurs prétendues inspirations ; comme si l’idée de l’oeuvre d’art, du poème, la pensée fondamentale d’une philosophie tombaient du ciel tel un rayon de la grâce. En vérité, l’imagination du bon artiste, ou penseur, ne cesse pas de produire, du bon, du médiocre et du mauvais, mais son jugement, extrêmement aiguisé et exercé, rejette, choisit, combine ; on voit ainsi aujourd’hui, par les Carnets de Beethoven, qu’il a composé ses plus magnifiques mélodies petit à petit, les tirant pour ainsi dire d’esquisses multiples. Quant à celui est moins sévère dans son choix et s’en remet volontiers à sa mémoire reproductrice, il pourra le cas échéant devenir un grand improvisateur ; mais c’est un bas niveau que celui de l’improvisation artistique au regard de l’idée choisie avec peine et sérieux pour une oeuvre. Tous les grands hommes étaient de grands travailleurs, infatigables quand il s’agissait d’inventer, mais aussi de rejeter, de trier, de remanier, d’arranger.

Nietzsche, Humain, trop humain, §. 155

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Impro Gym

February 8th, 2018 · No Comments

Impro Gym est un atelier que j’ai ouvert cette année.

L’atelier est réservé aux improvisateurs et improvisatrices ayant deux années d’improvisation au minimum. J’ai créé cet atelier pour donner un espace de travail aux improvisateurs qui souhaitaient avoir une pratique régulière sans nécessairement s’inscrire à l’année dans une école d’improvisation.

Le pré-requis est d’avoir deux ans d’expérience, mais en moyenne, cela tourne plutôt aux alentours de cinq ou six ans d’expérience avec certains participants ayant une dizaine d’années.

L’atelier se concentre principalement sur les scènes courtes et en particulier les deux grands types de scènes courtes :

Peu importe le type d’improvisation théâtrale que l’on fait, qu’il s’agisse de formats compétitifs comme le Match ou le Maestro, de formats longs organiques comme le Longform américain ou narratifs comme la Pièce Improvisée, maîtriser les scènes courtes est essentiel.

En filigrane de ce travail dont l’échelle principale est la scène, nous travaillons dans Impro Gym des compétences transversales comme :

  • Les plateformes ;

  • La spécificité et le détail ;

  • La connexion avec le partenaire ;

  • L’acceptation profonde et immédiate ;

  • La clarté des propositions ;

  • Le fait d’assumer et de mener une scène ;

  • Valoriser une proposition, valoriser l’autre ;

  • L’évidence ;

  • La théâtralité et la crédibilité du jeu ;

  • Le rythme et la netteté des répliques ;

  • Savoir lire les retours avec trois points de référence : soi, l’autre, le public ;

  • Tenir ce qu’on amène et défendre ses propositions.

Pour travailler ces concepts en atelier

Je propose chaque dimanche de 14h à 16h un atelier qui s’intitule Impro Gym et qui travaille ces concepts ainsi que de nombreux autres. Il est ouvert à tout improvisateur ou improvisatrice qui a deux ans de pratique minimum. Pour vous inscrire, cliquez ici.

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L’improvisation est l’art de l’échec

November 23rd, 2017 · No Comments

Je ne dis pas cela à la légère : l’improvisation est l’art de l’échec.

L’improvisation est indissociable de l’échec, l’échec est sa condition d’existence.

Sans échec, l’improvisation devient certaine.

Elle est exécution parfaite, elle est maîtrise totale, elle est contrôle absolu.

Elle est absence d’instabilité, elle est absence de vie : elle est la mort.

 

Méfiez vous de ceux qui n’échouent pas.

Sont-ils encore vivants ?

 

Méfiez vous de ceux qui dédramatisent l’échec.

Certes, ils peuvent le faire avec les meilleures intentions du monde.

Mais l’échec n’est pas anecdotique.

Il est vital, il est central, il est viscéral.

Dédramatiser pour permettre le premier pas, d’accord.

Mais c’est tout.

 

Méfiez vous de ceux qui rentabilisent l’échec.

De ceux qui “débriefent” tout.

C’est à dire de ceux qui pensent que l’on échoue pour apprendre de nos échecs.

Ils veulent tout rendre utile, performant.

S’ils ne peuvent simplement vivre l’échec, sans le questionner,

pourront-ils seulement accepter leurs succès ?

(La réponse est non.)

(Un succès ne sera pour eux qu’un répit avant un autre succès : une drogue.)

 

Méfiez vous de ceux qui font de l’échec un spectacle.

Ils peuvent parfois être sincères et touchants, comme les clowns.

Mais ils “divertissent” : littéralement, ils détournent l’attention.

Croient-ils encore à ce qu’ils font ?

 

Aimez échouer, d’un amour vrai et pour lui-même.

Choyez les moments où vous ratez.

Encaissez la bouse.

Goûtez votre humiliation.

Cultivez votre frustration comme on cultive un jardin,

car cela veut dire que vous êtes humains.

Restez au sol.

Vivez pleinement la chute, jusqu’au bout.

 

La marche a besoin du déséquilibre.

Vivre, c’est apprivoiser la mort.

 

Aimez véritablement l’échec.

Sans le dédramatiser.

Vous deviendrez invincible, immortel.

Libres des histoires que l’on se raconte pour ne pas échouer.

Libres d’être et de découvrir ce que vous êtes déjà.

 

Mais si vous aimez l’échec pour devenir invincible,

vous n’aimerez pas l’échec pour lui-même,

et alors vous ne deviendrez pas invincible.

 

***

 

Comme je l’ai souvent dit, si on déteste être projeté, on ne peut espérer devenir un maître du Judo. A mesure que l’on est projeté encore et encore, on doit apprendre à chuter et dépasser la peur d’être projeté. Alors on dépasse la peur d’être attaqué et l’on devient capable de prendre l’initiative de l’attaque. C’est seulement en s’entraînant de cette façon que l’on peut apprendre le vrai Judo.

Jigorō Kanō, fondateur du Judo [source]

 

***

 

Si le Judo est l’art de la chute, l’improvisation est l’art de l’échec.

Et l’improvisation théâtrale est l’art de la bouse théâtrale. A mesure que l’on produit des bouses, on dépasse la peur de ne pas plaire. Alors on peut prendre l’initiative de véritablement créer, de libérer ce qui est en nous.

“L’imagination est le soi véritable” nous dit Keith Johnstone.

Nous avons besoin de croire que nous imaginons pour révéler au monde qui nous sommes vraiment. Le théâtre est l’art de l’observation du monde et des êtres vivants. L’improvisation théâtrale, lorsqu’elle aime véritablement l’échec, nous donne accès à qui nous sommes vraiment.

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