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	<title>L'improvisation, c'est la vie!</title>
	<link>http://improviser.fr/blog</link>
	<description>Narration, sincérité et prise de risque.</description>
	<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 15:18:27 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Postulats</title>
		<link>http://improviser.fr/blog/2010/03/12/postulats/</link>
		<comments>http://improviser.fr/blog/2010/03/12/postulats/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 20:12:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ian</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>

		<category><![CDATA[Brèves]]></category>

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		<description><![CDATA[Soit A la narration, le contenu des scènes et la mise en scène retenue d&#8217;un spectacle.
Soit B la technique pure propre à l&#8217;improvisateur: spontanéité, répartie et capacité à créer dans le moment.
Je postule que ce qui définit le professionnel, c&#8217;est qu&#8217;il met B au service de A. Que ce soit l&#8217;improvisation en tant que représentation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit A la narration, le contenu des scènes et la mise en scène retenue d&#8217;un spectacle.</p>
<p>Soit B la technique pure propre à l&#8217;improvisateur: spontanéité, répartie et capacité à créer dans le moment.</p>
<p>Je postule que ce qui définit le professionnel, c&#8217;est qu&#8217;il met B au service de A. Que ce soit l&#8217;improvisation en tant que représentation (spectacle d&#8217;impro classique), en tant qu&#8217;outil utilisé pour développer du contenu (approche Second City) ou en tant qu&#8217;outil de travail du comédien et du metteur en scène en préparation d&#8217;une pièce (méthode&#8230; Stanislavski?). On se focalise sur le produit. C&#8217;est logique: on en tant que professionnel, on cherche à vendre.</p>
<p>Je postule que ce qui définit l&#8217;amateur, c&#8217;est qu&#8217;il met A au service de B. On insiste sur la performance, et on met en valeur l&#8217;improvisateur. L&#8217;histoire ne sert qu&#8217;à trouver des moments pour briller et on fait en sorte de montrer le squelette derrière la représentation. On se focalise sur le processus.</p>
<p>Je ne souhaite pas devenir professionnel. Mais je ne veux pas être un amateur non plus. J&#8217;aime être entre les deux.</p>
<p>Je suis un semi-pro.</p>
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		<title>Question #2</title>
		<link>http://improviser.fr/blog/2010/03/01/question-2/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 00:09:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ian</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Questions]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis complètement novice en la matière et j’attends ce déclic, ce petit truc un peu magique qui pourrait m’aider à m’ouvrir à arrêter de mentaliser, de trop réfléchir pour être portée vers cet art qui est aussi l’écoute profonde et la compréhension subtile de l’autre. Tout bêtement, je prends des cours depuis à peine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><em>Je suis complètement novice en la matière et j’attends ce déclic, ce petit truc un peu magique qui pourrait m’aider à m’ouvrir à arrêter de mentaliser, de trop réfléchir pour être portée vers cet art qui est aussi l’écoute profonde et la compréhension subtile de l’autre. Tout bêtement, je prends des cours depuis à peine 6 mois, oui, des cours de théâtre et nous arrivons dans le vif qui est l’impro et là, je… je pense trop, je cale. J’ai du mal quand la prof lance un truc, une phrase. Tout se bouscule dans ma tête et rien. Pourtant au fond de moi, je sais que cette sensibilité là existe. Comment faire pour débloquer ça ?</em></p></blockquote>
<p><strong>Réponse courte:</strong><br />
Le &#8220;truc&#8221;, c&#8217;est de regarder l&#8217;autre (ton partenaire, où si tu es seule sur scène, le public) dans les yeux. Tout ce dont on a besoin pour improviser est là, toute l&#8217;inspiration est là.</p>
<p><strong>Réponse longue:</strong><br />
Le blocage que tu évoques est assez fréquent. C&#8217;est complètement normal: en improvisation, nous cherchons à entrer dans un état de spontanéité où nécessairement, nous devons lâcher le contrôle sur ce que nous proposons sur scène (verbalement ou physiquement). Nous sommes donc dans un état où nous révélons beaucoup de nous-mêmes: notre inconscient, notre personnalité, nos expériences&#8230; Faire cela dans un environnement (la scène) où nous nous sommes naturellement vulnérables au regard et au jugement du public et d&#8217;autrui crée forcément un blocage et un malaise. Comment être spontané? Comment être créatif? Comment être bon?</p>
<p>En réalité, ce n&#8217;est pas à toi de te poser ces questions. C&#8217;est à ton professeur, si c&#8217;est un cours, et à tes partenaires, si tu es dans une troupe, de créer cet état de confiance qui permet à la spontanéité d&#8217;émerger. En posant certains principes, notamment:</p>
<ul>
<li>Nous ne sommes pas responsables du contenu des scènes,</li>
<li>Faire des erreurs doit être célébré,</li>
<li>Nous sommes là pour soutenir les autres.</li>
</ul>
<p>1. <em>Nous ne sommes pas responsables du contenu des scènes.</em> C&#8217;est nécessaire de poser ce principe si l&#8217;on veut explorer une vraie spontanéité. L&#8217;improvisateur, idéalement, évolue dans un état de transe où il n&#8217;est qu&#8217;un médium associant sur le moment des idées sur lesquelles il n&#8217;a aucun contrôle. Ces idées ne sont donc pas &#8220;les siennes&#8221;. Elles appartiennent à une sorte d&#8217;inconscient collectif qui est un mélange de vécu commun et d&#8217;un certain nombre de règles informelles (dont les règles de narration par exemple, que nous partageons tous).</p>
<p>2. <em>Faire des erreurs doit être célébré.</em> D&#8217;une part, sans erreurs, nous ne pouvons pas apprendre. Un bon professeur créera cet environnement où chacun voudra essayer et se tromper pour s&#8217;améliorer. D&#8217;autre part, l&#8217;improvisation a la spécificité d&#8217;être un art qui se crée &#8220;sur le moment&#8221;. Le public, conscient de cela, <a target="_blank" href="http://lecaucus.wordpress.com/2008/06/15/limpro-discipline-versatile/">vient voir des improvisateurs qui se mettent en danger</a>. S&#8217;il n&#8217;y a jamais d&#8217;erreurs, nous créons une frustration chez le public. Un bon improvisateur a conscience de cela.</p>
<p>3.  <em>Nous sommes là pour soutenir les autres.</em> L&#8217;improvisation est essentiellement collective. <a href="http://improviser.fr/blog/2009/03/06/la-peur/">La peur</a> crée <a target="_blank" href="http://lecaucus.wordpress.com/2009/04/06/la-peurce-satane-animal/">une série de comportements</a> qui empêchent la création spontané (ex: blocages, décrochages&#8230;). Les deux forces les plus puissantes que je connaisse pour lutter contre la peur sont <strong>la confiance</strong> et <strong>le plaisir</strong>. C&#8217;est à chacun de faire en sorte que l&#8217;autre puisse nous faire confiance. L&#8217;exemple le plus typique consiste à monter sur scène <strong>si l&#8217;autre a besoin de nous. </strong>C&#8217;est à chacun également de faire en sorte que l&#8217;autre prenne du plaisir à jouer avec nous.</p>
<p>Le plus dur, ce n&#8217;est pas de poser les principes, mais c&#8217;est d&#8217;arriver <strong>à appliquer</strong> ces principes et <strong>à créer</strong> cet environnement. Dans les cours <a target="_blank" href="http://www.euximpro.fr/ateliers/">que nous donnons à Eux</a>, nous faisons cela en demandant à ce que dès que quelqu&#8217;un se sent mal à l&#8217;aise dans une scène, il lève les bras et crie &#8220;Again!&#8221;, son partenaire devant faire la même chose. La scène se termine et on en recommence une autre, sans que ça n&#8217;ait aucune importance. C&#8217;est une technique qui nous a été enseignée par <a target="_blank" href="http://lecaucus.wordpress.com/2008/11/10/limpro-ou-le-plaisir-de-se-planter/">Patti Stiles</a>. C&#8217;est aussi le sens du <a href="http://improviser.fr/blog/2007/04/15/improvisibles-seance-n%C2%B0-12-personnages/">Yay spirit</a> de Jill Bernard: tout cela doit rester un <em>jeu</em>, sans que ce terme ne soit péjoratif. On parle bien de <em>jeu d&#8217;acteur</em>&#8230;</p>
<p>Donc en théorie, ce n&#8217;est pas à toi de te poser cette question. C&#8217;est à ton prof de créer cet environnement.</p>
<p>Mais si cet environnement n&#8217;existe pas dans le contexte où tu évolues, tu peux faire en sorte de le créer toi-même, pour toi-même.</p>
<p><strong>Force-toi personnellement à faire trois &#8220;erreurs&#8221; par séance.</strong> Tente des choses, monte sur scène, joue avec ceux avec qui tu n&#8217;as pas l&#8217;habitude de jouer, fais un personnage que tu n&#8217;as pas l&#8217;habitude de faire, jouer un thème que tu connais peu, et échoue! Échoue, échoue, échoue! Au moins trois fois par séance. Plus tu échoues et plus tu apprécies l&#8217;échec, moins tu auras de blocages et plus tu progresseras. Et puis imagine à quel point c&#8217;est inspirant pour les autres!</p>
<p>Je reviens au conseil initial: <strong>regarder l&#8217;autre dans les yeux</strong>. Vraiment dans les yeux! Ca permet plusieurs choses:</p>
<ol>
<li>Cela crée un contact sur scène, une complicité. Il y a immédiatement &#8220;quelque chose&#8221; qui se crée sur scène entre les deux personnages (et les acteurs). Tu n&#8217;es donc plus &#8220;à nu&#8221; sur scène. A toi d&#8217;explorer ce &#8220;quelque chose&#8221; ensuite en amenant de l&#8217;information autour de ce lien.</li>
<li>Je ne connais rien de mieux pour me ramener dans l&#8217;instant présent que de regarder quelqu&#8217;un dans les yeux. J&#8217;oublie tout mon environnement et je suis simplement &#8220;là&#8221;. C&#8217;est très proche de l&#8217;état de spontanéité que j&#8217;évoque plus-haut.</li>
<li>Tu n&#8217;as pas à te demander &#8220;qu&#8217;est-ce que je vais dire?&#8221; Tu n&#8217;as qu&#8217;à <strong>réagir </strong>à l&#8217;autre.</li>
</ol>
<p>Il faut ensuite essayer <strong>d&#8217;activement rechercher</strong> à donner à son partenaire ce qu&#8217;il attend, à lui donner des propositions qu&#8217;il a envie de jouer. En se focalisant sur l&#8217;autre, on s&#8217;oublie soi-même, et on devient immédiatement plus intéressant à regarder: disparition des tensions du corps, du malaise de l&#8217;improvisateur, des mouvements inutiles&#8230; On devient plus naturel. Et c&#8217;est fascinant à regarder pour le public! Vraiment. Et à côté de ça, on crée cette confiance et ce plaisir de jouer qui rend l&#8217;improvisation agréable à regarder. On crée un environnement positif pour la création qui fait que le contenu des scènes se développe de lui-même.</p>
<p>A long terme, on peut s&#8217;éloigner de ces quelques principes. Par exemple, on se rend compte que l&#8217;improvisateur reste quand même responsable du contenu et peut orienter la scène en se posant la question &#8220;de quoi la scène a besoin maintenant?&#8221; C&#8217;est la caractéristique des bons improvisateur que de savoir y répondre.</p>
<p>On peut également par exemple choisir <a target="_blank" href="http://improviser.fr/blog/2009/04/10/merci-pour-ce-non/">de ne pas soutenir l&#8217;autre</a>, pour le pousser à prendre des risques. Et on se rend compte que l&#8217;on ne peut aider l&#8217;autre que dans la mesure où l&#8217;on a soi-même quelque chose à amener sur scène: des personnages, des idées, des approches, une culture, une capacité à la prise de risque. On ne peut donc pas uniquement se focaliser sur l&#8217;autre et on cherche donc à progresser personnellement pour contribuer à ce que le groupe est capable de produire.</p>
<p>Mais dans l&#8217;immédiat, tout est déjà là, tout le monde peut improviser! Il n&#8217;y a qu&#8217;à <strong>se donner la permission de se tromper et regarder l&#8217;autre dans les yeux. </strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Demandez-moi ce que vous voulez! - Question #1</title>
		<link>http://improviser.fr/blog/2010/02/19/demandez-moi-ce-que-vous-voulez/</link>
		<comments>http://improviser.fr/blog/2010/02/19/demandez-moi-ce-que-vous-voulez/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 17:30:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ian</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Questions]]></category>

		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;adore discuter d&#8217;impro.
J&#8217;échange souvent par mail avec des improvisateurs d&#8217;un peu partout. Je lis avidement tous les blogs sur l&#8217;impro que je trouve. Quand j&#8217;ai une question, je n&#8217;hésite pas à aller la poser sur différents forums dédiés à l&#8217;impro (malheureusement, pour la plupart, en anglais).
J&#8217;échangeais récemment avec l&#8217;amie qui m&#8217;a inspiré cet article. Elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;adore discuter d&#8217;impro.</p>
<p>J&#8217;échange souvent par mail avec des improvisateurs d&#8217;un peu partout. Je lis avidement tous les blogs sur l&#8217;impro que je trouve. Quand j&#8217;ai une question, je n&#8217;hésite pas à aller la poser sur différents forums dédiés à l&#8217;impro (malheureusement, pour la plupart, en anglais).</p>
<p>J&#8217;échangeais récemment avec l&#8217;amie qui m&#8217;a inspiré <a href="http://lecaucus.wordpress.com/2010/01/25/le-plus-beau-compliment-en-impro/" target="_blank">cet article</a>. Elle a partagé avec moi ses réflexions actuelles et j&#8217;ai essayé d&#8217;y répondre. J&#8217;ai trouvé l&#8217;exercice très intéressant et j&#8217;aimerais bien le renouveler.</p>
<p>Alors, à l&#8217;instar de mes amis de <a href="http://blog.montrealimprov.com/post/321524230/question-everything" target="_blank">Montreal Improv</a>, j&#8217;ouvre une section <em>Demandez moi ce que vous voulez!</em></p>
<p>Une question sur l&#8217;impro? Sur un livre? Sur un exercice? Une demande d&#8217;information sur mes spectacles? Une demande d&#8217;atelier? Une proposition indécente?</p>
<p>N&#8217;hésitez plus! Envoyez moi un mail à:</p>
<p style="border: 2px solid #dddddd; padding: 2px 6px 4px; color: #555555; background-color: #eeeeee; text-align: center"><a href="mailto:improviser.info@gmail.com">improviser.info@gmail.com</a></p>
<p>Ca n&#8217;a même pas besoin d&#8217;être une question. Si vous voulez qu&#8217;on discute, si vous voulez des infos, si vous avez une remarque et que vous ne voulez pas passer par les commentaires, envoyez moi un mail!</p>
<p>Je ferai de mon mieux pour vous apporter une réponse et je la publierai ici, si ça peut intéresser d&#8217;autres improvisateurs (anonymité garantie).</p>
<p>Je lance donc la section en partageant ici les réflexions de mon amie et mes réponses.</p>
<blockquote><p><em>Pourquoi certaines personnes ont l&#8217;air d&#8217;avoir pris de la drogue dès qu&#8217;elles posent un pied sur scène ? Grrr, j&#8217;arrive pas jouer avec ces gens là&#8230; Mais si, tu sais, ces gens qui sont plutôt équilibrés dans la vie réelle mais qui deviennent bizaaaaaares quand ils font de l&#8217;impro (même quand il s&#8217;agit de donner l&#8217;heure ou boire un verre d&#8217;eau).</em></p></blockquote>
<p>A mon avis, ca vient du fait que les gens qui montent sur scène veulent être drôles et intéressant. C&#8217;est parfaitement naturel. Mais souvent, dans l&#8217;esprit des improvisateurs, être créatif, c&#8217;est faire des choix bizarres, étonnants, incongrus. Beaucoup pensent qu&#8217;il faut donner au public ce à quoi il ne s&#8217;attend pas. Mais en réalité, la créativité, <strong>c&#8217;est donner au public ce qu&#8217;il attend, mais dont il n&#8217;a pas conscience.</strong> Keith Johnstone parle beaucoup de ça. Il montre aussi que les gens les plus créatifs sont souvent ceux qui sont les plus évidents.</p>
<p>Pourquoi? Parce que:</p>
<ol>
<li>Nous partageons tous une même conception de &#8220;l&#8217;évidence&#8221;. Keith Johnstone parle du <strong>&#8220;cercle des attentes</strong>&#8220;. Si la scène s&#8217;ouvre sur une princesse dans un donjon, personne ne s&#8217;attend à ce que Docteur House arrive en Porsche. Il y a un &#8220;cercle de probabilités&#8221; de choses qui sont présentes dans notre inconscient, qui peuvent raisonnablement arriver et que collectivement le public partage.</li>
<li>Pourtant, chaque individu  a sa propre &#8220;évidence&#8221; qui est différente de celle des autres. Mais elle est transmissible aux autres, justement car elle s&#8217;insère dans cette &#8220;évidence collective&#8221;. Ce qui fait qu&#8217;on peut répondre aux attentes des gens tout en ayant sa propre différence.</li>
</ol>
<p>L&#8217;autre raison pour laquelle à mon avis les gens deviennent &#8220;bizarre&#8221; en impro lorsqu&#8217;ils sont sur scène, c&#8217;est que pour beaucoup, l&#8217;impro, c&#8217;est exactement ça. Des scènes &#8220;bizarres&#8221;. C&#8217;est ce qu&#8217;ils voient dans la grande majorité.</p>
<p>Enfin, je pense que pour beaucoup également, l&#8217;impro est une thérapie (cf. <a href="http://lecaucus.wordpress.com/2008/07/23/l%e2%80%99impro-est-un-art-pas-une-therapie/" target="_blank">le post de Nabla</a>), ce qui fait que les gens se &#8220;lachent&#8221;, exorcisent leurs démons sur scène et font &#8220;n&#8217;importe quoi&#8221;.</p>
<blockquote><p><em>Est ce bien de lire trop de bouquins d&#8217;impro quand on fait de l&#8217;impro ? Lire est vraiment inspirant mais peut l&#8217;être tellement que j&#8217;ai l&#8217;impression de ressortir frustrée de mes séances hebdomadaires.</em></p></blockquote>
<p>Personnellement, je me classe dans la catégorie des improvisateurs &#8220;érudits&#8221; qui lisent beaucoup. C&#8217;est une grande force, car d&#8217;expérience, j&#8217;ai rencontré peu d&#8217;improvisateurs capables de dire &#8220;cette scène n&#8217;a pas fonctionné car&#8230;&#8221; et de justifier leurs propos en expliquant la théorie qu&#8217;il y a derrière. Et oui, il y a aussi un danger: c&#8217;est qu&#8217;on devienne une machine à analyser les scènes et qu&#8217;on ne puisse ensuite s&#8217;empêcher de le faire quand on voit de l&#8217;impro. Cette capacité d&#8217;analyse devient un jugement que l&#8217;on garde alors <strong>pendant</strong> les scènes. Ca m&#8217;arrive, très souvent. Dans l&#8217;idéal, le bon improvisateur est celui qui sait trouver le juste milieu entre &#8220;être dans le moment&#8221; et savoir répondre à la question &#8220;de quoi la scène a besoin maintenant?&#8221; Lire beaucoup donne une vraie boite à outils pour répondre à cette question et est inspirant pour toujours trouver de nouvelles pistes de développement. Il faut juste se rappeler à soi-même de profiter de l&#8217;instant et d&#8217;accepter que tout ne se déroule pas comme prévu.</p>
<p>Au final, ça dépend de ton caractère, certains improvisateurs etant plus dans un style que d&#8217;autres. Personnellement, ça me donne un avantage terrible sur ceux qui lisent peu et se questionnent peu. Mais cet avantage est compensé par le fait que je peux passer pour un &#8220;M. je sais tout&#8221; et que je juge les scènes pendant que je joue. Bref&#8230;</p>
<p>Au final, oui, c&#8217;est utile de lire beaucoup sur l&#8217;impro, mais il faut savoir accepter que tout ne se déroule pas comme dans le bouquin.</p>
<blockquote><p><em>Pourquoi comparer l&#8217;impro à du théâtre : finalement, j&#8217;ai l&#8217;impression que ceux qui vont voir de l&#8217;impro ne sont pas ceux qui vont au théâtre, non ? L&#8217;autre jour je suis allée à un concert de rock et je suis sortie dans le même état d&#8217;euphorie que lorsque je suis allée voir un bon spectacle d&#8217;impro.</em></p></blockquote>
<p>Oui, il y a deux bouts à l&#8217;éventail. D&#8217;un coté, il y a des gens qui ne vont voir que de l&#8217;impro et n&#8217;iront jamais au théâtre. Et de l&#8217;autre côté, il y a des des gens qui vont au théâtre, se méfient de l&#8217;impro et n&#8217;iront jamais en voir. Le théâtre rest pour moi une référence. Dans le développement du théâtre, le texte s&#8217;est figé à un moment dans l&#8217;histoire et a pu permettre le développement d&#8217;un travail, une technique. Il faut l&#8217;honorer et en être conscient, et la comparaison me semble pertinente. Mais il faut aussi reconnaitre le rôle initial de l&#8217;improvisation dans l&#8217;émergence du théâtre. C&#8217;est l&#8217;œuf et la poule.</p>
<p>Cependant, le théatre a une reconnaissance sociale que l&#8217;impro n&#8217;a pas. Beaucoup de professionnels disent par exemple qu&#8217;on ne peut pas faire payer autant un spectacle d&#8217;impro qu&#8217;un spectacle à texte car justement il n&#8217;y a pas de texte, il n&#8217;y a pas eu ce travail d&#8217;écriture et il y a aussi un risque que ce ne soit pas bon. Donc la comparaison est aussi pertinente à ce titre, dans la perspective d&#8217;avoir une reconnaissance sociale.</p>
<p>Mais d&#8217;un autre côté enfin, l&#8217;impro a ce caractère intimiste propre et donc c&#8217;est très bien qu&#8217;on ne soit pas le théâtre classique. Et la comparaison avec un concert, une comédie musicale, un rituel ou d&#8217;autres formes de communions collectives est pertinente aussi. <strong>Pour moi, le théâtre reste un modèle en terme de qualité, de finition, de rendu, de professionalisme.</strong> Le reconnaitre, c&#8217;est juste prendre acte de tout le travail effectué par nos ainés.</p>
<blockquote><p><em>J&#8217;ai lu un truc qui m&#8217;a fait comprendre pourquoi j&#8217;aime tellement l&#8217;impro : l&#8217;impro (en tout cas celle que je pratique) est basée sur la technique non pas du &#8220;outside in&#8221; mais du &#8220;inside out&#8221;. Ça pourrait être du JCVD mais en fait c&#8217;est du Carol Hazenfeld (finalement, ça rejoins complètement ta remarque sur &#8220;les bons improvisateurs sont de grands enfants&#8221;: désapprendre tout ce qu&#8217;on nous a appris).</em></p></blockquote>
<p>L&#8217;impro est-elle plutot &#8220;oustide in&#8221; ou &#8220;inside out&#8221;? Hum&#8230; Je ne sais pas. J&#8217;aurais tendance à dire que c&#8217;est plutot &#8220;inside-out&#8221;, mais en fait, je pense <strong>qu&#8217;il n&#8217;y a pas une seule approche</strong>. Pour moi, l&#8217;objectif final est simple: divertir le public mais ne pas produire du &#8220;junk-food&#8221; théâtral (&#8221;The objective is that the work not be pointless&#8221; / &#8220;L&#8217;objectif est que ce que nous faisons ne soit pas futile&#8221; : une phrase que j&#8217;ai tirée de <a href="http://www.amazon.fr/Improv-Handbook-Ultimate-Improvising-Theatre/dp/0826428584" target="_blank">l&#8217;Improv Handbook</a>).</p>
<p>Pour ça, un constat: la peur est à l&#8217;origine de nos mauvais comportements et nous empêche d&#8217;accomplir notre potentiel. Donc tout doit partir de là. Retirer la peur. Si on arrive à ça, c&#8217;est déjà gagné, c&#8217;est déjà intéressant. Une personne normale qui se comporte normalement sur scène est fascinante. C&#8217;est pour ça que je dis <a href="http://lecaucus.wordpress.com/2010/01/25/le-plus-beau-compliment-en-impro/" target="_blank">qu&#8217;il ne faut pas 25 ans de pratique</a>. En une journée, je te fais un bon spectacle avec des débutants.</p>
<p>Maintenant, dans une deuxième phase, on peut travailler la &#8220;technique&#8221;: jeu du comédien, mise en scène, narration, et prise de risque/innovation. C&#8217;est là qu&#8217;intervient l&#8217;approche: &#8220;inside-out&#8221; ou &#8220;outside-in&#8221;. Un bon improvisateur alterne entre &#8220;être dans le moment&#8221; et &#8220;faire attention à la structure&#8221;. Mais par nature, l&#8217;impro étant associée à la spontanéité, on privilégie l&#8217;approche &#8220;inside-out&#8221;. Mais dans le cas du travail sur les Masques de Keith par exemple, c&#8217;est &#8220;outside-in&#8221; et ça marche très bien. Et l&#8217;impro française, avec ses &#8220;contraintes&#8221; permet parfois d&#8217;influer positivement sur le contenu (&#8221;outside-in&#8221;). Donc pour moi, c&#8217;est &#8220;whatever works, dude&#8221;.</p>
<p>Je me permets de conclure en te redirigeant vers un lien super intéressant sur le sujet écrit par Bill Arnett, un improvisateur de Chicago: <a href="http://blogs.iochicago.net/bill/wordpress/?p=109" onmousedown="return wait_for_load(this, event, function() {UntrustedLink.bootstrap($(this), " rel="nofollow" target="_blank">http://blogs.iochicago.net/bill/wordpress/?p=109</a></p>
<blockquote><p><em>L&#8217;autre jour je suis allée voir les [nom censuré]. Mes remarques à la sortie de leur spectacle étaient du style: &#8220;Ah, cette vanne était pas mal, et celle sur le chien elle était marrante aussi&#8221;, etc&#8230; Au final, ce qui me restait de ce spectacle c&#8217;était&#8230; des bribes de phrases mais aucune scène, aucun lieu, ni aucune relation entre personnages. J&#8217;ai beau y repenser, je ne me souviens d&#8217;aucune histoire. C&#8217;est dommage car je trouve que leur format pourrait favoriser la narration : ils ont le format mais pas la philosophie.</em></p></blockquote>
<p>Concernant les [nom censuré], pourquoi penses-tu que le format pourrait favoriser la narration? A ma connaissance, leur format est un simple cabaret avec des scènes sur la base de thèmes et des contraintes. Et je ne vois pas en quoi ça favorise la narration. Ce genre de format est en principe très libre, mais:</p>
<ol>
<li>Le fait de demander un thème, dans le style français, suppose qu&#8217;il va être traité dans la scène. Ce qui met une pression supplémentaire aux joueurs, qui au lieu de construire une histoire et se laisser porter, essayent de &#8220;traiter le thème&#8221; et &#8220;forcent&#8221; les événements pour y arriver. S&#8217;il s&#8217;agit de favoriser la narration, le thème devrait surtout être là pour &#8220;inspirer&#8221; un début de scène. Proposer une &#8220;situation&#8221; plutot qu&#8217;un &#8220;thème&#8221; permettrait également d&#8217;aider les improvisateurs à clarifier rapidement la plateforme et aller plus vite dans la création de l&#8217;histoire.</li>
<li>L&#8217;ajout de contraintes pousse à voir plus les improvisateurs que les personnages, et brise la théâtralité et par là-même la narration. Même s&#8217;il y a des contraintes plus narratives que d&#8217;autres.</li>
</ol>
<p>Enfin, comme dans beaucoup de spectacles d&#8217;impro, je partage ton avis: <strong>je retiens quelques blagues (et encore) et quelques moments, mais pas de scènes ou d&#8217;histoire.</strong> C&#8217;est très frustrant. D&#8217;un autre côté, un spectacle d&#8217;impro a nécessairement des hauts et des bas. Mais je t&#8217;avoue que pour moi, en majorité, c&#8217;est surtout de la &#8220;junk food&#8221; qu&#8217;on sert en impro, et on retiens finalement peu. Cela dit, j&#8217;adore un bon Big Mac de temps en temps!</p>
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