Improviser !

Ecrire, jouer et mettre en scène des histoires, spontanément…

[Coaching Improvisibles] #9 - Rappel : principes simples pour la construction de scènes

April 15th, 2007 · No Comments

Mercredi 17 janvier a eu lieu la neuvième répétition de la troupe des Improvisibles pour l’année 2006 - 2007. Cette séance était particulière, car, à la veille de notre première représentation, elle a surtout été l’occasion de rappeler et d’agencer l’ensemble des principes vus depuis le début de l’année.

1) Structure de la scène : savoir construire une scène à parti de rien

Nous savons, à partir de rien, ou presque rien (une suggestion, une position physique comme dans un Freeze…) construire une scène. En effet, pour construire une scène, et nous avons vu tous ces points en séance, il faut :

  • Construire des personnages : rappelez vous le jeu des animaux, le jeu des rythmes et atmosphères, le miroir en trois parties (bras, visage, jambes), mais aussi la possibilité de jouer sur la voix… Toutes ces techniques sont essentielles pour créer des personnages originaux et attachants, mais aussi pour jouer et rendre le plus réaliste possible des suggestions de personnages. Utilisez les !
  • Poser une plateforme initiale : c’est le qui ? quoi ? où ? Rappelez vous l’exercice du maximum de scènes en une minute. Il faut non seulement penser à définir rapidement tous ces éléments, mais aussi à physicaliser des éléments de décor (mobilier, objets, mur, climat, etc…).
  • Avoir un enjeu : c’est l’élément essentiel de la scène, le « pourquoi on regarde la scène ». Il faut essayer au maximum de se concentrer sur un (et un seul) enjeu, qu’on va ensuite surenchérir (c’est-à-dire, expliciter, montrer les implications pour les personnages, expliquer pourquoi c’est important de le résoudre, ce qui risque d’arriver si on ne le résout pas) et le résoudre, de préférence en apportant des éléments nouveaux. Enfin, on conclut la scène, en faisant pourquoi pas un rappel d’un élément évoqué précédemment.

Donc vous savez créer des scènes ! Et par ailleurs, en tant qu’acteurs, vous savez aussi faire attention aux éléments de bases sur la scène : attention au dos au public, à la cohérence globale de la scène, au volume sonore (tout le monde doit vous entendre)…

2) Les réflexes favorisant la construction

Au-delà de la structure de la scène, nous nous entrainons aussi à développer les réflexes qui font que nous nous mettons, sur scène, dans les meilleures circonstances possibles pour favoriser la construction de l’histoire.

Et ce, à trois niveaux :

  • L’écoute : rappelez vous des jeux de Balles de couleur, ainsi que 3 mots par phrase. Il faut essayer de ne pas anticiper, et pour cela, le meilleur moyen, c’est d’être changé, touché, par ce que l’on nous dit.
  • L’acceptation : c’est le nerf de la guerre ! Ce « Oui ! », franc et énergique qui fait comprendre à son partenaire qu’on a envie de jouer ensemble. C’est essentiel si on veut construire une ambiance propice à la construction.
  • La proposition : une fois qu’on a accepté, il faut proposer, éviter de poser des questions. C’est le « et » du « Oui, et… ». Et en général, il faut essayer d’être le plus précis (quitte à dire ce que l’on est en train de faire, ce n’est pas grave, et à prendre son temps pour poser les choses) et le plus simple.

3) Les compétences de l’improvisateur

En plus, en tant qu’improvisateurs, on s’entraîne aussi à développer des compétences, des techniques qui font que sur scène, notre jeu est le meilleur possible.

  • On agit au lieu de parler : on mime, on fait avancer les choses (par ex : « plus tard, devant le temple maudit », mais éviter d’abuser des ellipses), on fait accoucher les choses (si on sent qu’il y a de éléments latents dans la scène, on fonce direct et on les dit, on les fait, rappelez vous les chevaliers homosexuels: il ne faut pas hésiter à rentrer dans le vif du sujet…).
  • On se laisse toucher : cela vaut aussi bien physiquement (contact physique, yeux dans le yeux) qu’émotionnellement. Rien n’est pire qu’un acteur qui ne ressent rien, qui ne montre rien, ou pire qui joue des psychopathes qui vont sortir des émotions totalement contraires à ce qu’on attend normalement d’un personnage sensé (ex : je viens de me faire couper la jambe, mais au lieu d’avoir mal, je dis « Oh oui, j’aime ça »). Sortez vos tripes, vos vraies tripes!
  • On est simple : il faut éviter d’être compliqué, d’anticiper, de chercher à faire rire, de chercher à être intéressant. Soyons les plus simples et les plus évidents possible. C’est quand on cherche le moins à être intéressant qu’on l’est le plus, car on devient vrai. L’impro, c’est la vie, c’est ça qu’on veut voir.

LE SECRET DE L’IMPRO

Ce secret vient de Keith Johnstone lui-même, grand gourou de l’improvisation théâtrale.

The secret of improv is to have a good time. And the best way to do that is to give your partner a good time, because you stop worrying about yourself.

Le secret de l’impro, c’est de passer un bon moment. Et le meilleur moyen de le faire, c’est de faire en sorte que votre partenaire passe un bon moment, car vous arrêtez de vous préoccuper de vous-même.

Faites vous plaisir ! Vous êtes là pour ça ! Pour ceux qui montent pour la première fois sur scène bientôt, sachez qu’on est fier de vous ! Et bonne chance !

Tags: Techniques

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